Le chagrin des Mourettes Une infrastructure qui permettra aux résidents des diverses institutions qui fréquentent Les Mourettes d'y passer non plus quelques heures mais la journée entière. Autre gros défi, parvenir à suppléer aux subsides accordés en vue d'engager effectivement Franco Tills à mi-temps, au sein de l'association, après des années de dévouement totalement bénévole. "Le 14 décembre dernier, le ministre Magnette était venu à Manage. Avant, hélas!, de changer de fonctions ". FAYT-LEZ-MANAGE ASBL LES MOURETTES "Jeff a tout de suite été touché par nos activités et notamment par l'hippothérapie que nous pratiquons, explique Nathalie Roland, journaliste à Antenne Centre et présidente de l'association. Mais avant cela, une profonde amitié le liait à Franco Tills, le créateur de l'asbl, qui est au départ un auteur-compositeur-interprète de talent". Malgré tout, Franco Tills a été extrêmement étonné en apprenant que le chanteur avait décidé d'orienter tous les dons effectués en cas de décès vers plusieurs associations. Avec, parmi elles, "Les Mourettes". "La première réaction de Franco a été de refuser. Mais plusieurs membres de la famille de Jeff sont venus le trouver pour le convaincre que c'était vraiment ce que souhaitait l'artiste ". Concrètement, une mention explicite figure clairement sur le faire-part : ni fleurs, ni couronnes, mais un numéro de compte, celui de l'association à laquelle les proches et les sympathisants sont priés d'adresser directement leur obole. "Jeff Bodart était particulièrement sensible aux personnes en souffrance. Très extraverti, son côté "clown "pouvait tromper. En réalité, c'était quelqu'un de fragile et d'hypersensible". Jeff Bodart est le parrain de votre association " Les Mourettes". Vous vous connaissiez depuis longtemps? Depuis quatre ans. Au départ, c'est la musique qui nous a mis en contact. Je suis auteur, compositeur et interprète. À ce titre, on s'est rencontré pour la première fois à Bruxelles, lors d'une réunion qui devait aboutir à la mise sur pied de plusieurs concerts. En fait, c'est surtout de chevaux dont nous avons parlé. Entre nous, cela a été... le coup de foudre. Il m'a appris qu'il montait régulièrement. Lorsque je lui ai parlé de notre association, il s'est tout de suite passionné. C'était quel genre d'ami? Plus qu'un ami, c'était un frère pour moi. J'ai récemment vécu un deuil terrible -j'ai perdu ma sœur- eh bien, il m'a téléphoné chaque semaine pendant des mois pour me soutenir. M'écouter. Il était très attentif aux personnes en souffrance. Il venait souvent à Fayt-lez-Manage? Aussi souvent que possible. Je crois que le contact avec la nature, dans ce bois magnifique des Mourettes, le rééquilibrait vraiment. Il avait besoin d'autre chose que d'évoluer dans le monde des médias. Ce qu'il adorait, c'était organiser des promenades à cheval, à la nuit ; tombée, avec des amis. Jeff était quelqu'un qui aimait les sensations fortes. Nous galopions, en aveugle. Cela exige une confiance totale dans! sa monture. Jeff aimait ces défis. Le défi de votre ASBL n'est pas facile à relever, semble-t-il? Oui, c'est vrai. Mais paradoxalement, le décès de Jeff me donne envie de me battre plus encore. Ce projet est devenu le sien aussi. MARTINE PAUWELS |